Formation au PPL
(Private Pilot Licence)

Dessin Guy Denoual

Octobre 2003. Les débuts.

Jean, mon premier instructeur, a eu la lourde tâche de m'inculquer les principes de base du vol. Les premiers contacts avec un avion on été déroutants. Mon expérience de Flight Simulator, si elle m'a rendu familliers les instruments du tableau de bord, s'est révélée pratiquement inutile pour voler correctement. L'acquisition des bons réflexes avec le palonnier a été laborieuse et il m'a fallu presque une centaine d'essais avant de réussir des atterrissages à peu près corrects. Ajoutons qu'une fracture de la jambe (au ski) m'a obligé à interrompre la formation plusieurs mois pendant lesquels j'ai eu le temps de perdre les acquis.

 

29 octobre 2004. Le lâcher.

De l'avis de tous les pilotes, le lâcher est un moment fort dont tous se souviennent avec émotion. Seul à bord pour la première fois c'est le moment de vérité. J'avais lu beaucoup de récits de ces premiers vols solo sur le site de la Pilotlist et j'attendais cet instant avec une grande impatience mais aussi bien sur une certaine appréhension. Voici le récit que j'en ai fait pour cette liste de diffusion.

19 janvier 2005.

Je passe l'épreuve théorique. 5 matières à étudier :

  • Réglementation
  • Connaissances générales de l'aéronef. Principes du vol
  • Performances et préparation du vol. Navigation. Météorologie. Procédures opérationnelles
  • Performance humaine et ses limites
  • Communications

L'épreuve est sous forme de QCM avec un total de 120 questions. Il faut 75% de bonnes réponses pour réussir. J'ai bien révisé et je m'en sors avec 116 bonnes réponses sur 120.

27 janvier 2005. Une leçon parmi dautres. Le vol sans visibilité.

La formation à la licence de pilote privé (PPL) prévoit une initiation au vol sans visibilité (VSV) obligatoire pour se présenter à l’examen pratique. En principe le PPL ne permet que le vol à vue (VFR) avec interdiction de pénétrer dans les nuages ou de se mettre dans une situation IMC (Instrument Meteorological Conditions) néanmoins il est prévu qu’un pilote qui se trouverait accidentellement dans de telles conditions doit pouvoir effectuer un virage à 180° aux instruments pour faire demi-tour et retrouver des conditions de vol qui vont bien... Lire la suite.

4 février 2005. Brevet de Base.

Le BB est un diplôme franco/français qui permet de piloter seul dans un rayon de 30 km autour du point de départ. Il peut être enrichi d'autorisations diverses telles que : emport de passager ; autorisation d'atterrir sur un autre aérodrome etc.
Je l'ai obtenu au bout de 37 heures de vol.
C'est une étape non obligatoire, qui marque la progression vers le PPL et permet déjà une certaine liberté.

Attribué à l'issue d'un test d'une heure comprenant des manœuvres variées et une mini navigation. Pas de quoi attraper la grosse tête mais plutôt l'occasion de rester modeste en considérant tout ce qui reste à apprendre et à perfectionner.

25 février 2005. Première navigation.

Une mininav de 100 km complètement foirée...(lire)

28 février 2005. Le B.B. Fais ses premiers pas.

Comme un bébé apprenant à marcher je découvre seul mon environnement. (lire)

10 mai 2005. Grande navigation solo.

La grande navigation triangulaire solo constitue la dernière étape de la formation au PPL. C’est une synthèse des acquis et une mise en pratique de l’ensemble en situation réelle. Le pilote doit relier trois aérodromes distants de 50 nautiques minimum avec atterrissages complets, le tampon de la tour faisant foi. Tout comme le lâcher et les premières petites navs hors aérodrome, cette étape suscite en général une appréhension légitime chez les élèves pilotes. Dans mon cas c’est même cette perspective qui, depuis le début de ma formation, m’impressionnait le plus.(Lire la suite.)

14 juillet 2005. L'objectif est atteint.

Private Pilot Licence

Une première tentative le 9 juin s'est soldée par un échec qui m'a sonné. Trop d'approximations dans la navigation, des erreurs lors des intégrations et des vitesses faibles durant les phases de montée.
Après analyse de tous les points à problème je me suis remis à l'entraînement avec application bien décidé à repasser le test pratique au plus tôt.
Je me suis représenté le 14 juillet avec une dizaine d'heures d'entraînement en plus sur le carnet de vol. Les jours précedants l'examen j'ai fait le tour de Bretagne en Cessna. Bien que passager j'ai tout de même participé à la navigation et à la gestion du vol et cela a contribué à ma mise en condition.
Je me sentais prêt mais le jour de l'examen le stress était au paroxisme car j'avais peur d'échouer sur une grosse erreur toujours possible. L'épreuve s'est déroulée dans de bonnes conditions et en fin de test j'étais plutôt optimiste malgré les quelques imperfections de mon vol. C'est donc avec confiance que je me suis tourné vers l'examinateur pour le verdict et soulagement que je l'ai entendu dire "c'est bon".

Désormais mes petits enfants pourront m'appeler "Pépé Ailes"

Conclusions.

Ma formation s'est étalée sur un peu moins de deux ans qu'il faut réduire à 15 mois si l'on tient compte d'une interruption de 6 mois à cause d'une fracture de la jambe.

Je me suis présenté à ma seconde tentative avec 66 h de vol dont 15 h de solo.

Le coût total de la formation peut être estimé à environ 7000 €. Cette somme comprend les heures de vol, frais d'inscription et documents divers : manuels, cartes, règles etc.. Il faut y ajouter quelques accessoires plus ou moins couteux mais non indispensables comme le GPS ou le casque.

Lors de l'inscription je n'avais pas d'idée précise sur la difficulté de l'entreprise. Au bilan je trouve que l'obtention du brevet est loin d'être facile.
La somme des connaissances théoriques est importante et touche des domaines variés. Il faut un travail sérieux pour tout apprendre.
La pratique comporte trois parties.

  • Une première partie consiste à savoir piloter l'avion c'est à dire décoller, atterrir et évoluer dans toutes les situations courantes.
  • Une deuxième partie consiste à apprendre à gérer toutes les situations dégradées telles que pannes diverses, égarement, urgences, perte de visibilité etc.
  • La troisième partie est la navigation.

L'épreuve pratique consiste à vérifier que tous les points on bien été acquis par l'élève. Le test lui même comporte une cinquantaine de points d'évaluation. Tous doivent être satisfaisants. Un seul point insuffisant et c'est l'ajournement.

L'apprentissage est jalonné d'étapes importantes. Ces "premières fois" sont toujours impressionnantes pour l'élève. Le lâcher bien sur mais aussi les premieres petites sorties solo et surtout la première grande navigation en solitaire.

Le brevet en poche ce n'est bien sur qu'un début et il serait stupide de croire que tout est permis. On se retrouve exactement dans la même situation qu'avec un permis de conduire tout neuf. Il reste à acquérir l'expérience...

Je retiens une phrase lue sur un forum : " En fait, même après le brevet, il y a encore des premières fois, et elles sont importantes pour prendre confiance en soi".

A noter que, depuis que je vole pour de vrai, je n'ai plus touché à Flight Simulator...

 

(c) 2004 - P. Pallu